ÉVITER LES FUITES : GUIDE COMPLET

Entendre son clearomiseur glouglouter lors d'une bouffée, voir son précieux e-liquide dégouliner par les airflows, se salir les mains, tâcher ses vêtements, les fuites de e-liquide font partie des "risques du métier" lorsque l'on commence à vapoter. À quelques rares occasions, les fuites à répétition sont imputables au matériel en lui-même mais dans la grande majorité des cas c'est bel et bien notre faute si notre matériel finit plus huilé qu'un bodybuilder de Palm Beach.

Les fuites sont certainement le problème N°1 des vapoteurs et certains les craignent comme la peste ! Le problème, c'est qu'un vapoteur confirmé saura en trouver la cause assez facilement, alors qu'un débutant confronté aux grandes eaux dès les premières bouffées sentira bien vite la moutarde lui monter au nez.

Dans ce guide, nous allons traquer et expliquer les causes principales des fuites pour apprendre à mieux les éviter. Aujourd’hui, nous aidons les débutants à bien apprivoiser leur nouveau matériel et ce sera également l’occasion d’aider les experts à faire le point sur leurs pratiques.


Loin de nous l’idée de nous montrer insolents, mais il est certainement bon de rappeler aux débutants que la vape n’est jamais « 100% propre ». Votre cigarette électronique stocke du liquide destiné à être traversé par un courant d’air, chauffé, vaporisé, et finalement condensé. Avec tout cela, il est presque inévitable d’observer des suintements lors du remplissage, ou une petite pellicule grasse au niveau des zones sensibles du matériel (prises d’air, drip-tip, couvercle etc.).

Si ces aléas de la vape n’ont pas de quoi vous inquiéter ou vous démotiver, les véritables fuites sont cependant une fâcheuse réalité. Un clearomiseur qui se vide à grosses gouttes ou qui dégouline littéralement sur vos doigts, c’est arrivé, ça arrivera certainement d’autres fois et il est important de comprendre la cause de ces tracas.

Parce qu’un vapoteur averti en vaut deux, voici les questions que vous devez vous poser pour vous débarrasser des fuites.

LE E-LIQUIDE EST-IL ADAPTÉ À LA RÉSISTANCE ?

Il s’agit certainement là de la première cause de fuites. La compatibilité entre une e-liquide et la résistance utilisée par la e-cig est la question la plus importante que vous devez vous poser pour vous éviter une mauvaise expérience. En effet, tous les e-liquides ne sont pas adaptés à toutes les résistances.

COMMENT ÇA MARCHE ?
La résistance :
La résistance est la pièce au cœur du clearomiseur, celle qui s’imbibe de e-liquide et qui le vaporise. Selon le modèle et la puissance de la résistance, certaines disposeront de très larges ouvertures pour absorber beaucoup de e-liquide tandis que d’autres n’auront que de tout petits trous.

Le e-liquide :
Il faut tenir compte du taux de PG/VG du e-liquide. Le Propylène Glycol et la Glycérine Végétale sont les deux composants de base, le premier étant très fluide et le second étant très visqueux. Ainsi, le taux de PG/VG du e-liquide définira sa « texture » et le rendra alors adapté ou non à la résistance utilisée.


QUELS SONT LES RISQUES EN CAS D’INCOMPATIBILITÉ ?
Dans le pire des cas : Un e-liquide trop visqueux (VG > 60%) dans une petite résistance aura du mal à venir l’imbiber au travers de ses petites ouvertures. Au bout de quelques bouffées, la résistance s’assèche, et c’est l’inévitable goût de coton brûlé qui vous attend (un « Dry-hit »).

Dans le pire du pire des cas : Un e-liquide trop fluide (VG < 50%) dans une grosse résistance traversera ses larges ouvertures comme un torrent d’eau passerait au travers d’une fine feuille de papier hygiénique. Le liquide passe alors dans la cheminée, et c’est la fuite assurée !


J’AI PEUR ! COMMENT SAVOIR ?
Trouver le taux de PG/VG idéal pour une résistance est souvent hasardeux pour un débutant, et il faut parfois s’attendre à découvrir la réponse en commettant d'abord une erreur. Mais un petit coup d’œil avisé peut suffire à faire le bon choix au premier essai !


Voici trois exemples de résistances avec des entrées de e-liquide plus ou moins vastes.

La première est une toute petite résistance dotée d’ouvertures très fines. Ce genre de résistance équipe bien souvent les matériels peu puissants (kits AIO, pod mods) qui visent à imiter le rendu d’une cigarette. Avec ce type de résistance, n’essayez pas de vapoter un e-liquide avec plus de 50% de VG ou c’est le dry-hit assuré !

La seconde est une résistance un peu plus imposante mais dotée d’ouvertures moyennes. Souvent utilisées dans des matériels plus polyvalents, ces résistances supporteront assez bien des e-liquides aux taux de PG/VG compris entre 70/30 et 30/70.

La dernière est une résistance gros calibre, avec d’énormes ouvertures de e-liquide. Destinées à générer beaucoup de vapeur à hautes puissances, ces résistances nécessitent des e-liquides avec au moins 70% de VG pour éviter les fuites.

DEPUIS COMBIEN DE TEMPS N’AVEZ-VOUS PAS CHANGÉ VOTRE RÉSISTANCE ?

Vous avez un e-liquide parfaitement adapté à votre résistance ? Parfait ! Mais ne serait-il pas l’heure de la remplacer ?

La photo qui illustre ce paragraphe montre une jolie résistance sur atomiseur reconstructible. Voyez comme la mèche en coton et les coils ont l’air caramélisés et furieusement décomposés. Voilà peu ou prou à quoi ressemble une résistance usée jusqu’à la moelle !
Même si vous prenez soin de votre matériel et que vous n’explorez pas des gammes de puissances faramineuses, une résistance se dégradera irrémédiablement et aura de plus en plus de peine à accomplir sa tâche. Une résistance usée ne sera plus apte à contenir le e-liquide comme il faut, et cette lacune a de grandes chances de causer des fuites soudaines.

Si tout allait pour le mieux depuis les trois derniers mois et que des fuites apparaissent, il serait sans doute grand temps de changer votre résistance !

QUELLE EST LA DURÉE DE VIE D’UNE RÉSISTANCE ?
C’est une question bien connue à laquelle il est malheureusement impossible de répondre avec précision. La durée de vie d’une résistance dépend :
de ses matériaux, de son modèle, de la puissance de vape, du taux de VG du e-liquide, de la composition des arômes, de la fréquence d’utilisation et même du hasard (les résistances même fabriquées en série n'étant jamais strictement identiques).

Seule l’expérience vous permettra d’anticiper à peu de choses près la durée de vie de votre résistance. En attendant, l’apparition de fuites soudaines accompagnées d’un délicat goût de brûlé vous mettront la puce à l’oreille quand viendra le temps du changement de résistance !


VOTRE RÉSISTANCE EST-ELLE BIEN INSTALLÉE ?

Vous pensiez avoir fait le tour de tous les pièges à éviter et de toutes les causes de fuites ? Nous avons le regret de vous annoncer que c'est loin d'être le cas. Vous venez de changer votre résistance et vous utilisez un e-liquide adapté ? Bien ! Mais d'où vient cette fuite soudaine ? Il se pourrait que votre résistance neuve ait été mal installée.

Il n'est pas rare que l'on installe une résistance de travers par mégarde. Dans la majorité des cas les résistances se vissent ou s'enfoncent dans la base du clearomiseur, mais une erreur d'inattention ou un pas de vis au filetage légèrement abîmé peut créer un défaut de jointure entre les deux pièces. Le e-liquide s'infiltre alors lentement mais sûrement entre la résistance et la base, et c'est la fuite assurée !

UNE ASTUCE ?
Prenez votre temps lors du changement de résistance. Assurez-vous que cette dernière soit vissée droit et bien bloquée au fond de son socle, quitte à devoir forcer un peu la prochaine fois que vous la retirerez.

Par précaution, commencez par remplir le réservoir avec quelques millilitres seulement puis observez si des fuites semblent apparaître au niveau des bouches d'airflow. Si vous vous êtes montrés vigilants lors de l'installation, il y aura peu de chances que votre clearomiseur se mette à dégouliner. Mais dans le doute, mieux vaut se voir obligé de gaspiller quelques millilitres d'e-liquide plutôt qu'un réservoir 5 ml entier !

AVEZ-VOUS CORRECTEMENT REMPLI LE RÉSERVOIR ?

En parlant de remplissage, là aussi il y a des pièges à éviter ! « Pas plus haut que le bord », oui, mais encore ?
D’une manière générale, il est conseillé de remplir le réservoir d’un clearomiseur ou d’un atomiseur jusqu’aux trois quarts environ pour éviter une fuite quasi-instantanée dès la fermeture de ce dernier.

Certains matériels indiquent d’ailleurs une limite maximale de remplissage à respecter pour un seul et même but : éviter les fuites. Lors des premières utilisations d’un nouveau matériel, pensez donc à guetter une quelconque indication sur le réservoir ou, dans tous les cas, à limiter la quantité de e-liquide lors du remplissage.

MAIS POURQUOI NE PAS TOUT REMPLIR ?
Lors de l’ouverture, du remplissage et de la fermeture de votre réservoir, la mèche de votre résistance est mise à rude épreuve. Lors de la fermeture du réservoir, une légère mais non-négligeable surpression se produit à l’intérieur et pousse le e-liquide vers la sortie la plus proche : le centre de la résistance. L’air est compressible, pas les liquides. Il suffit alors que votre réservoir soit trop rempli et que votre résistance soit déjà bien imbibée pour qu’une fuite apparaisse.

Les clearomiseurs et atomiseurs avec top-caps dévissables sont les plus sujets à ce phénomène mais ces conseils valent pour tous les systèmes de remplissage. Si votre matériel le permet, bouchez les entrées de e-liquide avant l’ouverture et la fermeture du réservoir.

VOTRE MATÉRIEL EST-IL EN BON ÉTAT ?

Ils sont là. Vous ne les voyez peut-être pas mais ils vous protègent. Ils agissent dans l’ombre et font de leur mieux pour vous garder au sec. Nous parlons bien sûr des joints toriques !
Présents dans tous les coins et recoins d’un clearomiseur ou d’un atomiseur pour joindre les pièces entre elles et assurer une étanchéité parfaite, les joints toriques (les fameux « O-Rings ») aussi fins et discrets soient-ils ont un rôle crucial dans le bon fonctionnement d’un clearomiseur.

Ce n’est d’ailleurs pas sans raison que les fabricants fournissent presque toujours des joints de rechange avec leurs matériels. Avec le temps, la chaleur et les frottements, les joints les plus exposés peuvent s’abîmer, se couper voire même finir dans le siphon de l’évier. Parce qu’un joint manquant mènera à des suintements plus ou moins gênants, mieux vaut s’assurer qu’aucun ne manque à l’appel !

DES ASTUCES ?
Si vous vous procurez un clearomiseur d’occasion, essayez de vérifier qu’aucun joint ne manque notamment au niveau du réservoir. Prenez également garde à ne pas perdre un joint torique lors du nettoyage de votre clearomiseur, et essayez de repérer sa place si l’un d’eux vient à se détacher.

Gardez tous les sachets de joints de rechange fournis avec les clearomiseurs et les atomiseurs en cas de casse ou pour remplacer ceux d’un autre matériel. La plupart ont des formats identiques et leur élasticité vous permettra de trouver un joint adapté sans difficulté si vous n’avez plus ceux d’origine.

COMMENT TRANSPORTEZ-VOUS VOTRE MATÉRIEL ?

Même si vous respectez scrupuleusement les règles citées ci-dessus, la fuite peut aussi bien trouver sa source dans la manière dont vous transportez votre matériel. Gardez à l’esprit que les liquides sont une force vive, placés dans des matériels qui eux sont ouverts à de multiples endroits tels que leurs airflows et leur drip-tip. Votre e-liquide est en train de fuir comme un prisonnier d’Alcatraz ? Demandez-vous si elle n’aurait pas été récemment secouée.

Même bien entretenue, une cigarette électronique trop agitée et mal rangée lors du transport aura tendance à laisser passer quelques fuites. Si par malheur vous ne respectez pas les conseils sus-cités, les fuites n’en seront qu’exacerbées.

QUELLES SONT LES BONNES PRATIQUES ?
Évitez autant que possible de poser ou de transporter votre e-cigarette à l’horizontale ou à l’envers. Gardez-là droite et n’exercez pas vos talents de jongleur avec, même si son format s’y prêterait bien volontiers.

Prenez garde lors des trajets en voiture ! Même rangée confortablement dans le porte gobelet, votre clearomiseur n’appréciera guère les secousses, les vibrations constantes et les dos d’âne traversés en quatrième vitesse. Une surface molle ou bien amortie sera plus appropriée pour les petites balades comme pour les longs trajets.

VOTRE MONTAGE EST-IL CORRECTEMENT COTONNÉ ?

Terminons avec un petit mot adressé aux néophytes de la vape sur atomiseur reconstructible. Sachez qu’en plus de devoir gérer toutes les sources de fuites précédemment parcourues, c’est à vous qu’il incombe de créer la mèche qui alimentera votre résistance. Tous les atomiseurs reconstructibles ont leurs petites subtilités et exigences concernant le cotonnage de leurs plateaux, et une fuite abondante peut émaner d’une mèche mal calibrée ou mal placée.

Entre fuite et dry-hit, le cotonnage d’un atomiseur est une question de juste dosage entre l’alimentation en e-liquide et la quantité de coton placée dans les arrivées de e-liquides.
Prenez une mèche trop fine ou trop courte, et c’est la fuite par submersion pure et simple du plateau. Prenez une mèche trop longue ou trop épaisse, et c’est le dry-hit par panne sèche. Pour éviter ces risques, seule l’expérience sera votre guide !